Des toiles et des étoiles au coeur
ou le cheminement de l'art de l'élevage vers l'art de la création.
Après 38 années, notre élevage « Les labradors of Shadowy-Valley » prend une retraite bien méritée. Oui, nous arrêtons d’élever cette merveilleuse race de chien que sont les Labrador retriever, mais ils sont à tout jamais dans notre cœur et notre mémoire et nous ne cesserons jamais de « chanter » leurs louanges. Tout au long de ces années, par leurs présences et leurs multiples attentions, nos toutous nous ont apporté beaucoup de bonheur et énormément de réconfort, surtout lors de certains drames de notre vie, notamment lorsqu’entre 1987 et 1992, nous avons perdu trois enfants.
Sur ces 38 ans de passion, grâce à nos chers labradors, nous avons bien sûr rencontré énormément de personnes, dont beaucoup avec qui nous avons sympathisé ou nous sommes liés d’amitié, et cela va de Monsieur et Madame « Toutlemonde » à nos souverains actuels, le roi Philippe et la reine Mathilde, qui nous ont fait plusieurs fois l’honneur et l’amitié de venir assister aux concours de travail que j’ai eu le grand privilège d’organiser au château de Losange, à l’invitation du comte Patrick et de la comtesse Anne, les parents de Mathilde.
Parmi toutes ces personnes, nous avons eu le plaisir de rencontrer et de nous lier avec des artistes, et parmi eux, des céramistes, des sculpteurs, des modeleurs mouleurs, ainsi que des peintres.
Certains de ces artistes m’ont beaucoup appris, et notamment notre ami le baron Ignace de Vinck. Ignace et son épouse, la baronne Nicole ont tout d’abord été mes instructeurs éducateurs au club de Beauraing où nous éduquions nos chiens au rapport et à l’obéissance ; ce sont eux qui m’ont appris comment éduquer mes labradors comme il le fallait, et qui, deux ans plus tard, m’ont promu au rang d’éducateur. Je leur dois une très grande partie de mon expérience, et je ne cesserai jamais de leur en être reconnaissant.
Un jour, Ignace me dit que mon fils Alexandre, âgé de 11 ans à l’époque, désirait apprendre le dessin et la peinture, et qu’il proposait de lui donner quelques leçons lors de nos prochaines visites à « Loyïval ». Ainsi fut fait, et lors de notre visite prévue quelques jours plus tard, il nous invita à passer dans son atelier, où il avait préparé des crayons, des pinceaux et de l’aquarelle, sauf qu’au lieu d’un seul poste pour Alexandre, il en avait préparé deux autres destinés à mon épouse et à moi.
Voyant ma surprise, il m’a dit qu’il allait s’occuper d’Alexandre, mais que pendant ce temps, il désirait voir ce que nous pouvions créer. Muni de quelques conseils de base, je me mis donc à peindre, et de temps à autre, il venait voir l’évolution de nos aquarelles, et nous donnait un petit conseil supplémentaire.
À la fin, voyant mon aquarelle, dont je l’avoue, je n’étais pas très fier, il m’a dit : « fais-moi plaisir ; achète des pinceaux et de la couleur, et continue, je te donnerai toutes les bases que tu devras savoir ».
Je ne l’ai pas su tout de suite, mais « le ver était dans le fruit ».
Ignace nous a quitté en 2012 à l’âge de 82 ans, mais en son honneur et en sa mémoire, mis à part lors de deux périodes difficiles, je n’ai jamais cessé de dessiner ou coucher de la couleur sur papier ou sur toile.
Je vous invite maintenant à suivre mes réalisations au fil du temps, avec, pour ouvrir la route, ma toute première aquarelle, celle que j’ai peinte sur un après-midi à « Loyïval ».
Gilbert Verjans
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